Mon cœur est en Orient

Lecture, chant et musique autour des correspondances d'Isabelle Eberhardt par Camille Bordet


Parc de La Mare

Mon cœur est en Orient

Isabelle Eberhardt, née à Genève en 1877 et décédée en Algérie en 1904, est une figure fascinante. Sa vie, marquée par une enfance en campagne et un voyage en Algérie à 20 ans, a été retracée par Edmonde Charles-Roux dans deux volumes.

Isabelle Eberhardt

Isabelle Ebarhardt

Isabelle Eberhardt éveille une curiosité qui ne faiblit pas avec les années. Qu’on ait lu ou non ses écrits, l’évocation de sa seule biographie suffit à mettre l’imagination en fête. Edmonde Charles-Roux l’avait bien compris. Les deux volumes – « Un désir d’Orient » (1988) et « Nomade j’étais » (1995) –, qu’elle a consacré à cette « fiancée du désert », en témoignent. Née en 1877 à Genève, décédée accidentellement en 1904 à Aïn Safra en Algérie, Isabelle Eberhardt n’a rien publié de son vivant, à l’exception de quelques articles de presse. Elle n’en a pas eu le temps. Quand on découvre à 20 ans le pays rêvé et qu’on y meurt à 27, les heures de vivre et d'écrire suffisent à peine.

Des vingt premières années d’existence d’Isabelle, on sait désormais presque tout. Sa naissance dans une villa du quartier des Grottes – on est en 1877 –, son enfance et son adolescence sans écoles, en pleine campagne du côté des Avanchets, sa mère russe d’origine allemande, son précepteur, ancien moujik et anarchiste qui est aussi son père, son frère Augustin, amoureux comme elle de l’Orient, voilà l’environnement d’Isabelle jusqu’à son premier voyage en Algérie, en 1897 avec sa mère. Elle y retourne seule en 1899, puis mariée avec l’Algérien Slimane Ehnni, toujours en immersion dans la culture arabe et musulmane, elle-même ayant embrassé l’islam.