Jean-Luc Bideau
Acteur
Acteur suisse emblématique, sa carrière théâtrale, cinématographique et télévisuelle est immense. Bernésien, sa personnalité flamboyante correspond à celle de Cingria.
Les correspondances de Charles-Albert Cingria par Jean-Luc Bideau
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Parc de la Mare
Jean-Luc Bideau interprétera Charles-Albert Cingria, surnommé « Le Loufoque », écrivain genevois connu pour son style vif et baroque. Cingria, frère du peintre Alexandre et oncle de la journaliste Hélène, a collaboré avec des figures littéraires comme Cocteau et Claudel. Son œuvre, marquée par des voyages et une vie anticonformiste, inclut des livres comme « La Civilisation de Saint-Gall » et « Pétrarque ».
Grand acteur franco-suisse domicilié à Bernex, Jean-Luc Bideau portera avec panache le verbe de l’écrivain genevois Charles-Albert Cingria dit « Le Loufoque ». Un sobriquet dont ses confrères de la revue littéraire suisse « La Voile latine » l’avaient affublé. Ceux-ci étaient plus sérieux que lui : son frère Alexandre Cingria, Ramuz, Adrien Bovy, les frères de Traz et Gonzague de Reynold. Cingria et Reynold furent ensemble à l’origine d’un fait-divers retentissant. C’était en 1911, place des Eaux-Vives, à la sortie de la messe. Le jeune Cingria, 28 ans, avait jeté par terre Gonzague de Reynold, 31 ans, sous le coup d’une énorme gifle. « Il m’a traité de déséquilibré, alors je lui ai fait perdre l’équilibre », argumenta Charles-Albert. Il y eut procès. Tel était le Loufoque…
Taxé par son biographe Pierre-Olivier Walzer de « vif, primesautier, baroque », le style de Cingria fait toujours mouche longtemps après la mort de l'écrivain à Genève en 1954. Frère d’Alexandre le peintre et oncle d’Hélène la journaliste, Charles-Albert a la plume folâtre et le goût des voyages. De sang dalmate et polonais, né à Genève en 1883, il se fait remarquer par ses écrits à Paris où des gens de lettres qui comptent, Jean Cocteau, Paul Claudel, Marcel Jouhandeau, Jean Paulhan, l’admettent dans leurs rangs. Il collabore dans les années 1930 à « La Nouvelle Revue française », voyage à vélo, observe, note et publie entre autres « La Civilisation de Saint-Gall » (1929), « Pétrarque » (1932), « Stalactites » (1941), puis après la Second Guerre mondiale qu’il passe à Fribourg, « Musiques de Fribourg » (1945) et « Bois sec bois vert » (1948). Des livres remplis de textes assemblés comme une mosaïque aux surprenants effets.
Original et cultivé, bon vivant, passionné d’histoire et de musique, buveur – il devra sa mort à une cirrhose du foie – Cingria traverse la vie en célibataire anticonformiste. Une triste expérience romaine, en pleine montée du fascisme, lui coûte en novembre 1926 une incarcération de trois mois qui prend fin grâce aux efforts conjugués de l’ambassadeur de France au Vatican, de Paul Claudel et de… Gonzague de Reynold qui a fini par lui pardonner la gifle de 1911. (BCH)